Là, je retrouve bien la voix très particulière de Léa, mais j’ai aussi eu davantage l’impression que le commentaire intérieur prenait le dessus sur la scène. Le passage dans le Grand Magasin pourrait être très vivant — clientes, collègues, chiffres, Apolline, Youssef — mais presque chaque rencontre déclenche une longue réflexion sur la classe sociale, la vente, les « vrais riches », la noblesse, la culture… Du coup, j’ai parfois perdu de vue ce qui se passait réellement dans sa journée.
Par exemple, la scène avec Apolline dit déjà énormément d’elle quand elle revient de Saint-Barth, critique tout le monde puis demande aussitôt les chiffres. À mon avis, il n’est pas nécessaire d’ajouter ensuite autant d’analyse sur les parvenus ou les « fins de race » : laisser Apolline parler suffit presque à la caractériser. Une réaction courte de Léa du genre « Je lui sers exactement ce qu’elle veut entendre. Elle se détend aussitôt. » garderait son regard ironique tout en laissant davantage respirer le dialogue.
Je ferais aussi attention à certaines généralisations qui peuvent faire sortir le lecteur du personnage plutôt que l’y faire entrer, comme la « sagesse typiquement africaine » de Youssef ou les touristes chinois réduits à une « horde ». Si ce sont volontairement les préjugés de Léa, ça peut se défendre, mais il faut que le texte nous fasse comprendre que c’est son regard à elle, pas une vérité posée par la narration.
Et finalement, c’est l’arrivée de Tancrède qui m’a le plus réveillée : en quelques lignes, il y a tout de suite une tension concrète, une relation qui déborde dans son travail et une question simple — pourquoi l’évite-t-elle autant alors qu’il lui dit qu’il l’aime ? J’aurais aimé arriver à ce type de friction un peu plus tôt.
Il reste aussi pas mal de petites corrections à faire : « je me créais », « je prendrais », « clientes se sont plaintes », « je tenterai », « ses talons », « éclairé par deux loupiotes », etc. Pour moi, la voix peut rester dense et littéraire, mais elle gagnerait beaucoup si certaines analyses laissaient plus de place aux scènes elles-mêmes.
Mouais la police de la pensée woke a asphyxiée la littérature. Et la façon dont vous appréhendez "les préjugés" est déjà un préjugé en soi. C'ets en général le dynamique de pensée des gens qui ont reçu un cortège de valeurs par héritage. Il est non acquis et n'a jamais été remis en perspective pour en évaluer valeur et pertinence.
C'est la marque des personnes en nécessité cognitive, qui vivent dans un monde sublimé sans jamais avoir expérimenté par eux-mêmes. Qui conçoivent le mond een binaire et le voient en monochrome. Tout estblanc ou noir. Le pire, c'est que ces individualités ne progressnet jamais, tant elles ont la conviction d'avoir appréhendé le monde dans toutes ses dimensions. Elles n'ont pas raison, mais tout le monde a tort.
Votre propos sur l'irruption de Tancrède démontre votre goût pour la littératur Netflix. Il faut que ça pulse. Je ne veux pas réfléchir, je veux ressentir. Peut-être vous faut il abandonner la littérature pour lire du théâtre ou mieux des scénarios ? C'est séquentiel, ça pulse, c'est dynamique et on a pas besoin de réfléchir. C'ets une question....
2 commentaires
lya rowen
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Deuce
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