Il y a une vraie identité de plume ici, très littéraire, avec un travail évident sur les sonorités, les couleurs et le champ lexical de la servitude. J’ai notamment trouvé que le réveil, le smartphone « objet de torture » et le retour régulier à l’idée d’être dépendante du monde donnent déjà une cohérence au chapitre. Chess apporte aussi quelque chose de plus vivant et concret au milieu de cette intériorité très dense.
En revanche, j’ai parfois eu du mal à accéder au personnage parce que presque chaque phrase cherche à produire un effet de style. « camaïeu de fauve », « organsin indolent », « taciturne tiède et léger », « cinglant de ses chiffres », « kabuki impressionniste »… Il y a de très belles images, mais leur accumulation finit par ralentir fortement la lecture et certaines deviennent difficiles à saisir. À mon sens, il faudrait choisir les plus fortes et laisser davantage de phrases simples entre elles. Par exemple, le réveil pourrait conserver une ou deux images marquantes, puis passer plus rapidement à ce qui compte vraiment : son rejet des contraintes, Apolline, son téléphone, sa manière de vivre.
Je ferais aussi une grosse passe de correction syntaxique, parce que quelques formulations accrochent vraiment : « mes pensées dérives », « je vais acquiescerai », « elle tentera me signifier », ou encore certains mots employés de manière assez abstraite. Ce n’est pas le niveau de vocabulaire qui me gêne, c’est plutôt quand il prend le dessus sur le sens. Pour moi, la voix peut rester très singulière sans être aussi chargée partout. Le motif de la servitude ordinaire est intéressant ; j’aimerais simplement que l’intrigue arrive un peu plus vite pour comprendre ce qui, au-delà de ce réveil et de son quotidien, va réellement venir dérégler sa vie.
Merci d'avoir pris le temps de partager votre sentiments sur ma prose. Je vosu le confirme : je refuse de faire de la littérature Netflix/ Explications ici : La disparition du Beau : enquête sur une littérature en voie d’extinction
https://www.deucewriter.com/post/la-disparition-du-beau-enqu%C3%AAte-sur-une-litt%C3%A9rature-en-voie-d-extinction
@Deuce
— e comprends mieux votre position, et je ne vous suggérais pas du tout de lisser votre prose ou de la rendre “Netflix”.
Mon point était surtout sur le dosage. Une phrase simple entre deux images très travaillées ne retire rien à la littérature, au contraire, elle peut mettre les images fortes davantage en valeur. Par exemple, si un paragraphe contient déjà « camaïeu de fauve » et « kabuki impressionniste », garder ensuite une phrase très concrète sur un geste, un objet ou une action peut créer un contraste utile. Pour moi, ce n’est pas opposer le beau au lisible, mais faire en sorte que l’un serve l’autre. Après, évidemment, si cette densité est un choix pleinement assumé, c’est votre voix et je la respecte.
On change complètement d’ambiance avec ce texte, beaucoup plus contemplatif et centré sur les pensées du personnage. J’ai bien aimé le contraste entre ce réveil très calme, presque hors du temps, et le quotidien qui revient progressivement l’envahir : le travail, Apolline, le réveil puis ce téléphone qu’elle regarde déjà comme une contrainte. Chess apporte aussi une petite touche plus légère au milieu de tout ça. Le thème de la « servitude » s’installe doucement à travers des choses finalement très ordinaires, et le titre prend déjà tout son sens.
Ton style est franchement, poétique, original. Mais, je pense que regrouper les images dans le premier paragraphe serait plus percutant. Je ne sais pas si cette redondance était voulu, si c'est le cas oubli ^-^
Comme nous éprouvons, nous n'éprouvons jamais de façon séquentielle. 1. Le rêve. 2. Les sensations. 3. La raison.
La Vie n'est pas une fiction Netflix où tout est séquencé. La Vie est un flux permanent. Très hétérogène. Les pensées et les réflexions surgissent dnas votre esprit sans vouys envoyer des notifications.
Je ne fais pas de la littérature Netflix
https://www.deucewriter.com/post/la-disparition-du-beau-enqu%C3%AAte-sur-une-litt%C3%A9rature-en-voie-d-extinction
Une plume très originale et poétique quoi qu’un peu complex pour la compréhension par moment. J’ai adoré le thème abordé et la manière dont tu l’abordes. J’ai vraiment hate d’en savoir plus et de découvrir les autres chapitres.
Merci infiniment. Oui, j'ai fait le choix de ne pas simplifier pour affadir mon texte. A force de conformisme et de consensuel, de fluide et de reader friendly ça devient fade et inconsistant.
Sur ce texte, j'ai pourtant fait des efforts pour être plus abordable. Sur mon premier livre "Réprouvé" je n'en avait fait aucun.
https://www.deucewriter.com/bonnes-feuilles
Je ne sais pas du tout ce que réserve la suite, mais une chose est sure : tu sais manier la plume… je suis impressionnée par ton style poétique, un peu gothique, j’y ressens une sortir de fatalisme et de lyrisme à la fois. Jeeee… suis hyper curieuse.
12 commentaires
lya rowen
-
Deuce
-
lya rowen
-
Justine Gabet
-
Wildspell
-
Deuce
-
Zoe. T
-
Deuce
-
Erica
-
Deuce
-