L’idée de départ est très forte : se réveiller à 22 ans avec une mémoire arrêtée à 18 ans crée immédiatement une vraie question narrative, et surtout Victoria possède déjà une voix identifiable. Son humour un peu mordant face à ce qui lui arrive fonctionne bien ; le passage du rond-point/champignon, par exemple, apporte quelque chose de vivant et permet aussi de montrer que certains souvenirs sont parfaitement accessibles.
En revanche, éditorialement, je trouve que le chapitre commence réellement lorsqu’elle quitte la maison de repos. Avant cela, il y a beaucoup de résumé : Léo, ses rêves à dix-huit ans, l’amnésie, la rééducation, la psy, puis tout l’épisode du sevrage/douleur à l’hôpital. Ce sont des informations importantes, mais elles arrivent presque toutes avant que Victoria fasse quoi que ce soit dans le présent. J’en distillerais une partie plus tard : la voiture qui déclenche une angoisse, la relation étrange avec sa mère et ce qu’elle découvre progressivement de sa propre vie suffisent déjà à nous faire comprendre qu’il s’est passé quelque chose de très lourd.
C’est d’ailleurs la relation avec sa mère qui m’intéresse le plus dans ce chapitre : elle la tient comme si elle craignait de la perdre, lui cache manifestement des choses, et Victoria ressent un gouffre entre elles sans savoir pourquoi. Là, tu fabriques du mystère au lieu de l’expliquer, et ça fonctionne beaucoup mieux.
Je surveillerais aussi deux choses : ne pas multiplier les traits d’humour à chaque paragraphe, au risque que la voix devienne un mécanisme, et bétonner la crédibilité médicale de tout ce qui concerne l’hôpital, notamment l’absence totale d’antalgiques et l’interdiction faite aux proches de lui parler de son passé. Comme ce dispositif porte tout le roman, le moindre doute du lecteur là-dessus peut fragiliser l’intrigue.
Pour moi, la meilleure version de ce chapitre serait donc moins explicative au début et davantage centrée sur Victoria qui redécouvre sa propre vie en temps réel. C’est là que le concept devient vraiment addictif : chaque personne, chaque lieu ou objet peut être à la fois familier pour elle et complètement étranger.
Du coup si j'ai bien compris, ça se passe quelques mois après l'épisode de violence qu'elle a subi avec son ancien chéri ? Je pense qu'une transition ici serait importante parce que je trouve que ça fait un trop grand écart de style narratif avec le premier et le deuxième chapitre. Enfin c'est juste mon avis 👌
Je poursuis donc ma lecture avec ce deuxième chapitre. Alors du coup ça change étonnamment de ton. Ce chapitre est rempli d'humour. Je m'attendais au même ton employé que dans le chapitre 1 et ça m'a un peu surprise 😅. Mais l'écriture est toujours là 😊
4 commentaires
AB Wood
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Steph.
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Laetitia Shayden
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