Forum Ecrire à la P1 : la nouvelle norme ?
Océane Why
C'est triste mais j'ai aussi l'impression que ça révèle peut être des difficultés sur la maîtrise de la langue (le passé simple peut s avérer compliqué à maîtriser).
Anthony Dabsal
J'écris le plus souvent en P3 au présent xD Je dois être tellement rédhibitoire XD
Et pour la lecture : osef du choix du narrateur ou du temps du récit, tant que cela raconte quelque chose et que c'est bien fait.
Océane Why
P3 présent je n'en ai jamais lu, mais honte à moi de ne pas l'avoir mentionné !
Tu es un pokemon rare ^^
Wildspell
On est dans une periode où le lecteur semble vouloir davantage ressentir ce que les personnages experimentent.
La première personne et le présent c'est parfait pour ça.
Je me suis adaptée. Avant j'étais plus 3ème personne et imparfait.
In Memoriam Pazuzu
C'est drôle parce que pour moi, c'est exactement l'inverse. Je ne ressens rien à la première personne du présent. Je n'y crois pas un seul instant.
Océane Why
Je pense qu'il y a beaucoup de ça.
Pourtant, je trouve que l'on peut ressentir tout autant avec une P3 maîtrisée.
Gabryelle Joeffostha
J'ai toujours écrit à la troisième personne et au passé simple. Comme toi , je me suis adaptée en pensant que c'était devenu la norme (ou la mode actuelle).
Mais étonnamment, le contrat d'édition que j'ai signé cet été concerne un texte écrit à la 3èmeP et au passé simple... 🤨🤔🙂
Bizarre hein?
Donc finalement faut écrire ce qu'on a envie et pas croire qu'une façon vaut mieux qu'une autre. 😉
Nicolas Orios
Perso pour mes deux premières romances c'était présent et P1 avec un seul POV. Là j'en écris une troisième P1/Présent et double POV mais j'ai aussi une romantasy P3 et passé... Donc je pense que en tant qu'auteur on doit juste se faire confiance et chercher ce qui nous convient, quitte à modifier plus tard. J'ai une amie qui l'a fait sur son roman et elle a dit que elle l'avait écris comme il lui venait mais qu'elle n'aurait pas pu l'écrire au présent même s'il lui fallait désormais modifier pour les ME...
En tant que lecteur je suis comme Anthony, tant que l'histoire est bonne je m'en fiche des terminaisons...
C'est un peu comme les incises, j'ai mes tics (les rétorqué-je et autres xxxé-je au présent) tandis que d'autres font autrement ou pareil que moi (les je rétorque etc) mais moi ne lecteur rien ne me "freine" vraiment ^^
✦ 𝔑𝔦𝔠𝔬𝔩𝔞𝔰 𝔒𝔯𝔦𝔬𝔰 ✦
In Memoriam Pazuzu
Question légitime,
De mon point de vue, je pars du principe qu'un roman, une nouvelle, un livre, c'est avant tout une histoire. Une histoire qui est racontée. Voilà pourquoi en tant que lecteur je n'ai jamais réussi à me projeter ou à croire à une histoire écrite à la première personne au présent. Le personnage vit et raconte en même temps ? Qui plus est sans hésitation, sans erreur, avec des formulations littéraires et un recul face aux événements. Je trouve ça absolument pas crédible. Aucune chance que je m'identifie ou crois à ce que ressentent les personnages.
Après, c'est mon opinion, qui va faire grincer bien des dents j'imagine, d'autant qu'il va à l'encontre de l'air du temps. Mais voilà, je ne comprends pas cette mode.
Océane Why
C'est un point de vu très intéressant !
Sophie E.
Je n'en peux plus du je + présent. Ca devient rédhibitoire, je ne peux plus.
Ca donne l'impression d'un appauvrissement de la langue. On perd les nuances, les digressions qui renforcent l'histoire.
Océane Why
C'est l'impression que ça me donne aussi, comme je le mentionnais dans un commentaire plus haut.
Comme un révélateur flagrant de la non maîtrise des temps du passé.
Pourtant, je ne doute pas que de nombreux auteurs savent les maîtriser parfaitement !
Sophie E.
Et pas seulement les terminaisons du passé.
Quand un personnage raconte son histoire en P1 présent, il n'a pas "le temps" de sortir nycallope et dira :" je vois dans la nuit". Comme une sorte de manque de nuances. Certains maîtrisent, d'autres non.
On sait que les Enid Blyton ont été simplifié en passant du passé simple au présent. Gommer une difficulté (ici le passé simple) n'aide pas. Il y a un texte de Eco où on lui demande de simplifier à outrance et ça fini en truc raconté par un gamin de 5 zns avec les bruitages et tout le toutim. Peu voir pas difficulté entraîne mécaniquement un appauvrissement de la langue.
(félicitations à ceux qui ont lâché un je savais bien que t'étais une sal...)
Rose Mélisse
J'ai la ref Sophie E. ! XD
Askanulfur
Moi non plus j'ai acheté un roman où c'est à la première personne + présent, je n'arrive pas à rentrer dedans, j'ai l'impression d'un livre écrit par un adolescent ou je ne sais pas comment expliquer mais malgré des efforts, impossible de m'y projeter.
SOLANE
P 1 + présent : dans les romances, oui, on m'a dit d'ailleurs qu'il faut P 1 pour chaque personnage, en général, il y en a deux... deux narrateurs, je sais pas si mon truc est clair (exemple : Léna P 1 + présent / Avner : P 2 + présent).
Pour le feel good book, ça peut ou pas. Les miens sont à la P 1 + présent, parce que j'ai en effet, voulu que ce soit plus dynamique. Mais ce n'est pas forcément le cas de tous les feel good, et de loin pas...
Donc à mon avis, c'est spécifique à la romance... si j'ai bien tout compris. Et perso, oui, je préfère P 1 + présent. J'entre plus facilement dans l'histoire, à condition que le P 1 et le P 2 aient des styles et des modes de réflexion + ressentis différents. Le challenge est là, entre autres... sinon, je trouve que c'est forcément un peu loupé quelque part...
Océane Why
Je suis plutôt d'accord, j'ai l'impression que ça s'applique surtout à la romance.
Ça fait des années que je n'ai pas lu une bonne romance publiée à la P3.
Mais en tant que lectrice assidue de fantasy, la P3 commence à me manquer car j'ai l'impression que le je + présent s'attaque désormais à tous les genres.
Anthony Dabsal
J'ai une question à celles et ceux qui pensent que la première personne est plus immersive : pourquoi ne filme-t-on pas un personnage en vue subjective pour l'immersion ? Pourquoi les réalisateurs choisissent des angles de caméras pour filmer le ou la protagoniste ?
Alors, oui, mon analogie a des défauts, mais je cherche à mettre en lumière que la première personne n'est pas particulièrement immersive (de mon point de vue, hein, j'ai pas la science infuse XD), pour la simple et bonne raison que l'immersion vient du fait que l'on peut s'imaginer être le personnage. Or, en première personne, ayant accès en permanence à sa psyché, à ses pensées et à ses actions, il existe, je pense, une barrière extradiégétique entre le lecteur et le personnage. La première personne permet d'avoir accès à des informations qu'un narrateur externe n'aura pas, mais empêche donc une part non négligeable de l'immersion : si on poursuit mon analogie, comme je dis, j'ai pas la science infuse. La bonne question, pour moi, est : dans ce roman, est-ce que cela vaut le coup d'avoir accès en permanence aux affects, à la psychée et aux pensées du narrateur ? (que je l'écrive ou le lise)
Je pense, je me trompe sans doute et m'en excuse, mais qu'il doit être plus aisé de faire un narrateur personnage qui n'est pas le protagoniste de l'histoire. Pourquoi ? Pour justement apporter ces informations que l'on ne peut avoir autrement, sans empêcher l'immersion envers le protagoniste. C'est, je pense, pour cela que la plupart des romances alternes deux points de vue, afin de rendre immersif le personnage vu par le narrateur.
N'hésitez pas à me contredire et à débattre, mon point de vue est peut-être faux ou biaisé. Je suis donc curieux de voir ce que vous pensez de cela. En tout cas, pour moi, si je choisis un narrateur personnage c'est clairement pas pour l'immersion.
SOLANE
Ton point de vue se défend... après, je pense que c'est avant tout des questions d'expériences personnelles, je pense, à partir desquelles des grandes lignes se dégagent, je suppose....
Et je suppose qu'ensuite, les éditeurs en tiennent compte pour suggérer d'utiliser telle technique plutôt qu'une autre, afin de coller le plus possible aux attentes du lectorat. Mais les attentes du lectorat changent, il y a des thèmes, des modes, si je puis dire... des sensibilités propres à une époque plutôt qu'à une autre... etc...
In Memoriam Pazuzu
Bien vu pour l'analogie de la vue subjective. Mais il n'y aura pas de débat de mon coté parce que, de un, je suis nul en la matière, de deux, je suis d'accord avec toi (voyez comme je suis nul).
Mais en voilà une autre : A la première personne du présent, c'est un peu comme un jeu de rôle où le scénario et la moindre de tes réactions te serait imposé. C'est pour moi tout sauf immersif et en tant que lecteur, j'ai l'impression d'être de trop. "Je fais ça, je pense ça, je ressens ça", j'ai envie de dire "ok, mais vis ta vie, profite, tu me raconteras à après".
Je me pose la même question ! Et pour être honnête, cela m'attriste quelque peu car j'ai l'impression qu'on renonce à une partie de la langue française en laissant les temps du passé de côté.
En tant que lectrice je n'ai aucune préférence tant que c'est bien écrit.
En tant qu'autrice j'ai testé les deux.
Je suis curieuse des réponses que tu auras sur le forum :)