Coucou partenaire d’AUL ^^ Comme j’ai une réputation de lecteur chiant, eh bien déjà, j’aime bien ton premier chapitre. Vraiment. Mais comme toujours (pour les premiers chapitres, c’est trop long de le faire pour tous, je cherche à déterminer pourquoi j’aime bien. Et en général, je commence par chercher si un concept ou symbole simple représente ce chapitre. Et c’est le cas ici, et même plutôt bien emmené sans être forcé. Il s’agit de la dissimulation. Évidemment, c’est classique pour le genre, mais c’est très bien réussi. Je vais donner des exemples. Déjà, dès l’ouverture : « À peine plus de sept mille habitants et tout se sait. » ou encore « Il n’y a pas de secrets. Rien n’échappe aux yeux et aux oreilles des commères. » (Par contre, même si c’est bien emmené, le paragraphe d’ouverture, je trouve, a au moins une redondance : « Ici, la moindre rumeur traverse la ville en moins de temps qu’il n’en faut pour se retourner. » => par exemple a la même idée que le reste)
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Ce concept, ce mot symbole (« dissimulation ») m’a permis, je pense, de déterminer la problématique que le chapitre déroule : « peut-on vivre parmi les humains sans trahir sa vraie nature ? » Bien évidemment, comme il s’agit du premier chapitre, cette problématique n’est pas traitée sous la forme d’une action, mais plutôt sur le fond de la promesse narrative. En gros, si tout finit par se savoir à Elmett Town, combien de temps avant que le secret des deux amies soit découvert ? Et ça se sent dans la structure même du chapitre (qui en a bien une, ce n’est pas un faux prologue, ou un numérotage erroné => et ça, c’est super cool) : c’est un chapitre d’exposition. Tant qu’on reste dans l’exposition dans le premier chapitre, c’est normal, donc RAS. Je reviens sur la structure même : La situation initiale : Elmett Town et sa description qui montre un déséquilibre (la dissimulation). Le plot : [Hina = nymphe et Eeva (désolé si j’écorche le nom) = sorcière] + Arès le nouveau voisin. Et la microrésolution (qui ferme mais pas vraiment) => la porte qui claque.
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Mais par contre quand on creuse pour chercher ce qui est bien et pas bien, on trouve forcément des choses qui ne nous saute pas aux yeux en première lecture. Ce ne sont que détails, mais ça peut (je ne l’espère pas pour toi) faire sortir quelqu’un de sa lecture. Il s’agit de la transition entre « C’est ainsi que Tea Time a vu le jour. » et « La clochette accrochée au plafond tinte. » Narrativement, le narrateur passe, sans phrase point ni respiration (une astérisque par exemple). Donc ça nous fait passer d’un récapitulatif de l’univers diégétique à l’action. Je pense qu’une phrase comme « Et ce matin-là, entre deux mélanges de thé… » (ou n’importe quoi, j’ai dit un truc comme ça) ça lierait les deux (même si le connecteur logique « et » est faible / ça reste un emploi fréquent après une longue exposition de ce connecteur là). Le deuxième point qui est un peu « particulier » c’est la touche d’humour finale. Le ton est top, le trouble amoureux aussi, je pense qu’il manque un poil de mise en scène, d’ancrage des personnages pour qu’on le voit plus comme « gag » vivant, là, pour moi, il fait plus structurel pour conclure le chapitre que chute logique.
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Mais les règles de narration sont grosso modo respectées à la lettre. J’ai remarqué quelque petits « déséquilibres » sur les « commentaires » complice de la narratrice qui prennent parfois le pas sur l’action (structurellement parlant). Cela donne des phrases plus construites pour ses pensées pour exposer l’univers. Et donc, quand on compare en relisant « Ici, la moindre rumeur traverse la ville en moins de temps qu’il n’en faut pour se retourner. » et « Silence. Silence super gênant. », ici tu as deux « commentaires » de la narratrice, mais j’ai du mal à me dire que quelqu’un « pense » réellement comme ça. Bref, je m’exprime mal, mais la plupart des phrases averbales marquent certes le rythmes, mais (toujours un avis personnel, donc subjectif, donc à prendre avec des pincettes) elles diminuent la crédibilité de la narratrice (pas beaucoup, en tout cas, pas en première lecture => c’est juste un petit déséquilibre à mon sens).
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Bon pour la suite de mon analyse, je l’avais vu en première lecture : trop d’incise de dialogue XD Chaque ligne de dialogue a un « énumère-t-il » ou « lâche-t-elle ». Ici, en narration à la 1PS, chaque incise de dialogue est une rupture de focale narrative. Alors, on a le droit de les rompre : mais (oui, encore un mais), si on brise la règle à chaque fois, l’effet est diminué. Non seulement ça casse le rythme des échanges, mais ça éloigne la focale au lieux de mettre l’accent sur la simultanéité. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Après, ça va ! Comme je te disais, j’ai bien aimé ton premier chapitre. C’est juste que plus le temps passe, plus ces incises ont tendance à disparaître en Romcom/feelgood (romantasy ou non). L’émotion a tendance de venir de l’échange et non de la simultanéité de l’action. Alors, quand le « dit-il en faisant X » arrive, eh bien, le X est vachement important. Mais je pinaille XD
Nyh R. BATTAIL
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Il y a 4 mois
C'est vrai que j'ai tendance à mettre beaucoup d'incises, j'ai peur de perdre le lecteur, je vais travailler ça !
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
J’en viens maintenant au point qui t’intéressait : la mise en scène (et donc l’ambiance). Alors, déjà : bravo. Je m’explique, tu fais une longue phase d’exposition au début du chapitre, mais tu crées un décors façon « façade narrative ». Et cette façade sert à symboliser les personnages. Un exemple parlant : « Les façades anciennes contrastent avec le moderne des enseignes… » => C’est clairement Hina et Eeva vivant dans la modernité (en tout cas, je l’ai pris comme tel). Ensuite, un autre bon point pour le genre que tu écris, les lieux d’actions sont des « théâtre intime ». Les éléments sont fonctionnel, pas évocateur. Donc, tu privilégies la scène plutôt que le décor, ce qui colle à ce qui est attendu en littérature cosy.
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Mais, beaucoup d’éléments sont simplement raconté : « Sa pièce est davantage un bureau de jeu qu’autre chose. Hina est la plus connectée des nymphes que j’ai jamais vue. » (un bon exemple). Ici, rien n’est mis en scène. Comme tu voulais faire « ambiance », là, si tu te mets dans la peau d’un lecteur extérieur : il ne ressent rien, donc pas d’ambiance. Ici, ce sont deux phrases, mais il y a beaucoup de ces phrases simplement racontées. Après, j’ai pris ces deux phrases, si je devais te donner des pistes pour apporter l’ambiance et la vie : Eeva commence par décrire un objet posé sur un meuble (et décrire le meuble par la même occasion), bascule sur un souvenir où elle peut juste balancer son commentaire que c’est un bureau de jeu plus qu’autre chose. Elle enchaîne avec un commentaire de type « en même temps, quand on voit que » décrire tout un tas d’objet connecté, les odeurs qui montre que la pièce n’est pas souvent aéré, la température des objets tout le temps allumés, etc. => et fini sur un nouveau com : c’est la nymphe la plus connectée etc. Comme tu as choisi un narrateur à la 1PS, on est dans sa tête. Alors, il faut qu’elle guide notre regard, mais aussi notre façon d’apporter une valeur morale au décors. Ça rend de suite plus immersif. Après, il ne faut pas tomber dans l’excès et faire ça partout (mais, je pense que tu maîtrise assez la sobriété narrative, vu que les décors sont déjà fonctionnels). Si toutes les loupiotes sont mise en scène, on ne sait plus ce qui est important XD
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Donc, l’ambiance reste assez extérieure. On voit bien le monde magique, c’est très cool. Mais, on ne vit pas encore ce monde. La mise en scène est sociale, relationnelle, pas ancrée émotionnellement ou sensoriellement. Alors, le genre l’autorise, mais c’est plus immersif d’apporter a minima une mise en scène émotionnelle. Je prends l’exemple de « Ses yeux ambres accrochent les miens… ses dents parfaites… » et « Le tissu tendu sur ses bras laisse deviner des muscles – parfait, j’en suis persuadée. » => Ici, c’est une observation. Il n’y a pas l’aspect ressenti (les battements de cœur, l’auto-jugement sur son fantasme immédiat sur un inconnu, les respirations). L’observation montre bien le fantasme. Mais, il manque (selon moi, subjectivité, pincettes, toussa toussa XD) un ou deux petits liants pour faire de l’émotionnel (ou du sensoriel, ou les deux).
Nyh R. BATTAIL
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Il y a 4 mois
On m'avait remonté qu'il manquait un peu d'introspection, et en effet, avec le temps et la relecture, je le vois ^^ je note tout ça pour la suite !
92 commentaires
Anthony Dabsal
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Il y a 4 mois
Anthony Dabsal
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Anthony Dabsal
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Nyh R. BATTAIL
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Nyh R. BATTAIL
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Il y a 4 mois