C’est un bon texte, mais ce qui frappe surtout, c’est la naïveté du personnage. Pas une naïveté touchante — plutôt fonctionnelle. Il continue de commenter ce qui lui arrive comme s’il avait encore une marge de manœuvre.
Il observe beaucoup. Il comprend presque. Mais jamais complètement. Il reste à un demi-centimètre de la lucidité, ce qui est sans doute la position la plus inconfortable qui soit.
Le sablier est une très bonne idée. C’est même le seul élément vraiment honnête de la scène : le temps s’écoule sans lui, et il en a conscience, mais il continue à jouer avec — faire semblant de dormir, négocier, poser des questions inutiles. Comme si le simple fait d’avoir remarqué le piège suffisait à en sortir.
Le reste est plus cruel. La “compassion”, la secrétaire, le bar… tout ça forme un petit système parfaitement cohérent où chacun joue son rôle sans se poser de questions. Et lui, au milieu, croit encore être un sujet, alors qu’il est déjà devenu un objet.
Ce qui est réussi, c’est ce léger décalage : il sent que quelque chose cloche (l’ouïe, la chambre, les réactions), mais il rationalise tout avec des réflexes presque enfantins.
En réalité, il n’est pas enfermé parce qu’il a fait une erreur. Il est enfermé parce que c’est plus simple comme ça.
Et c’est probablement ça, le plus désagréable dans le texte : rien n’est vraiment hostile, rien n’est violent — tout est juste… logique.
Elinah-Ez
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Il y a 21 jours
Salut, merci pour ton retour constructif, ça me fait plaisir et me motive pour la suite ! 😊
2 commentaires
mikewouiche
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Il y a un mois
Elinah-Ez
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Il y a 21 jours