Un passage qui tient presque entièrement sur une scène de vomi — et c’est justement pour ça qu’il est intéressant. Le corps reprend le dessus, ridiculise tout, et révèle une vérité assez nue des rapports humains : on gère, on nettoie, on s’excuse, et personne ne comprend vraiment ce qu’il fait là.
Le malaise est bien senti. Il y a quelque chose de concret, d’un peu humiliant, qui fonctionne. On sent aussi un décor légèrement trouble — ce bar, ce monte-charge, ces gens qui parlent comme s’ils faisaient semblant de maîtriser la situation. C’est là que le texte devient intéressant : dans cette impression diffuse que quelque chose cloche, sans que ce soit encore clairement formulé.
Mais tu expliques trop. Tu accompagnes chaque sensation, chaque pensée, comme si tu ne faisais pas confiance au lecteur. Or le malaise n’a pas besoin d’être commenté. Il gagne même à rester opaque, un peu sale, un peu incompris.
En resserrant, tu gagnerais en impact. Moins de phrases, moins de liens explicatifs, plus de vide. Parce qu’au fond, ce qui marche ici, ce n’est pas ce qui est dit — c’est ce qui reste coincé quelque part entre la nausée et la situation.
2 commentaires
mikewouiche
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Il y a un mois