Ce chapitre fait bien monter le mystère autour d’Élo, et le passage du registre est clairement son point fort. La date de 2007 suivie de « Cette année-là, quelqu’un est revenu » crée enfin un élément concret auquel le lecteur peut s’accrocher, plutôt qu’une simple sensation que Bellécorce cache quelque chose. La grand-mère fonctionne aussi très bien : elle sait manifestement davantage qu’elle ne veut en dire, sans devenir totalement opaque.
En revanche, je trouve que le texte multiplie un peu trop les phrases mystérieuses : « certaines personnes finissent toujours par revenir », « et si le passé revient ? », « laisser le temps de raconter pourquoi », « une histoire commencée bien avant moi »… À force, on sent l’autrice derrière les personnages en train d’entretenir volontairement le suspense. J’en garderais moins et je laisserais davantage le registre, les comportements ou les silences fabriquer seuls l’étrangeté.
Même réserve sur la relation avec Élo : Léna dit déjà « je n’avais pas prévu de m’attacher à elle. Pas si vite » alors qu’elles se connaissent à peine. L’attirance peut être immédiate, évidemment, mais « s’attacher » me paraît prématuré. Je resterais plutôt sur sa curiosité, son trouble ou son envie inexplicable de la revoir pour que l’évolution sentimentale ait davantage d’espace ensuite.
Enfin, l’ambiance automnale est jolie, mais elle commence à être très présente : feuilles, érable, guirlandes, lumière de fin d’après-midi, librairie décorée… Je couperais quelques touches pour éviter que le cozy prenne le dessus sur l’intrigue. Pour moi, le vrai moteur est désormais 2007 + ce que Léna sait du message + ce que sa grand-mère refuse de raconter. C’est ça que j’ai envie de suivre.
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AB Wood
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