Coucou, j’ai vu que tu cherchais des avis et des retours pour t’améliorer sur le forum. Je vais essayer, autant que faire ce peut, de te donner quelques pistes de réflexion. Je préfère prévenir que le commentaire sera long, parce que je vais beaucoup détailler les trois points que j’ai trouvé un peu plus faible, n’y vois pas un acharnement, mais plutôt un moyen de souligner au mieux mon propos, qui, comme je l’ai précisé, n’est que mon impression et n’est donc gage d’aucune velléité d’un quelconque savoir supérieur.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Au contraire, j’ai senti une intention principale se détacher de ton texte, mais je peux me fourvoyer, ce qui rendrait caduque l’intégralité de mon analyse. Et cette intention est l’installation d’un climat, où l’on doit sentir l’effacement progressif d’Alaïa depuis l’intérieur d’elle-même, de la voir comme conscience purement solitaire, et ce, avec un motif en miroir d’oubli et de présence. Ce qui amène, j’imagine, à un désir de vouloir privilégier l’expérience sensible de la protagoniste avant la progression dramatique.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Donc, si à ce stade je me suis trompé (et n’hésite pas à me corriger), il est inutile de lire la suite, car elle découle de ce constat. J’en viens donc au trois points que j’estime plus faibles (dans cette intention). Le premier vient des comparaisons et analogies souvent interchangeables. Quelques exemples : « le genre de détail qui se dissout aussitôt qu’on essaie de le retenir », « comme un mot suspendu au bord de ses lèvres », « comme une absence qu’elle ne parvenait pas à nommer » ou encore « comme si quelque chose, lentement, se retirait d’elle ».
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Le problème n’est pas qu’il y ait des images. Le problème, c’est qu’elles disent presque toutes la même chose : quelque chose de vague, diffus, insaisissable. Et même si le vague et le diffus font partis de l’intention a priori que j’ai interprétée, ici, au lieu de rendre ce « flou » plus « net », ces images la rendent encore plus « floue ». Cela donne peut-être un peu la sensation d’une poétique standard qui n’a pas été pensée pour la diégèse, qui ne parle pas vraiment du personnage en lui-même.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Après comme l’idée de fantastique feutré forme l’axe principal du chapitre, je pense qu’en réduisant ou reformulant les images les moins précises, les moins spécifiques à ton univers, il sera facile d’améliorer cette sensation de « diffus ». Ce qui, mine de rien, s’avère une qualité. Tous les premiers chapitres n’ont pas d’axe. J’en viens donc maintenant au deuxième point soulevé : les redites. Je pense, pardonne-moi et corrige-moi si je me trompe, que tu as parfois un peu peur de ne pas être compris·e.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Que tu n’as pas confiance en ta plume. Pourtant, si je peux te rassurer en ce sens, ton texte contient une promesse narrative (ici : « Et étrangement, cette idée ne lui faisait pas peur. ») qui introduit une ambiguïté utile. Pour faire simple : la présence n’est pas seulement inquiétante, mais elle s’avère attirante, voire consolante. Et donc, le texte promet de voir ce que donnera cet embryon de singularité. Et on le comprend très bien. C’est pour cela que le fait que chaque idée soit répétée, puis reformulée,
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
ça nuit (selon moi, tu trouveras peut-être des lecteurs qui ne seront pas d’accord) avec le tempo, le rythme global. Quelques exemples : « ce n’est pas grave », « pas brutal », « presque imperceptible », « rien de suffisamment clair », « rien de suffisamment grave », « mais assez pour laisser une trace ». Bien entendu, loin de moi l’idée de te dire : vire-moi tout ça ! XD Non, tu peux même tous les conserver, mais sache que sur certains lecteurs, dont moi, ça donne une impression de lenteur molle, pas d’une lenteur maîtrisée.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Si j’avais un conseil à te donner, ça serait de te faire confiance et de garder les redites pour quelques rares moments, justement pour marquer ces moments-là. Je donne une analogie : si tu lis un roman où il n’y a que des courses poursuites, bah, il n’y aucune tension. Si tout est tension, rien est tension. Donc, si tout est mystère, rien n’est mystère. De le dernier point que je voulais aborder est : l’abstraction. Ça me permet de rebondir sur mon dernier argument : comme tout a la même gravité, le même souffle ralentit et le même « flou »,
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
le fait que le cadre narratif ne soit pas mis en scène, il n’y a aucun appui pour que l’imaginaire puisse ancrer le regard. Après ma lecture, je n’ai pas imaginé l’appartement, ni la nuit, ni la cliente régulière. Sans ancrage strict, c’est compliqué, surtout lors d’un premier chapitre, d’imaginer un « silence dense », le « vide », « l’absence » ou même la « présence ». Donc ça a créé chez moi du mystère oui, mais qui m’a un peu laissé de marbre, puisque je n’ai pas su dans quel cadre le rattacher.
Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
Après, le point le plus fort de ton texte reste : la cohérence de ton. Bien que j’ai peut-être reproché que le passage restait dans la même couleur émotionnelle : silence, manque, flottement, étrangeté douce. Il n’y a néanmoins pas de cassure ridicule, pas de phrase qui parte soudain dans un autre registre, pas de maladresse catastrophique de ton. C’est homogène, pas incohérent. Bref, ça marche bien. J’espère en tout cas que mon retour ne t’aura aucunement blessé·e car ce n’était pas mon intention. Et s’il avait pu t’aider, ça ferait un heureux. Bonne chance pour le concours :-D
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Anthony Dabsal
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Il y a 2 mois
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