Bonjour Vincent, voici un retour sur les trois parties de « La Marche ».
Le départ de Lïne continue de peser sans qu’elle soit présente : personne ne prononce son nom, mais la nouvelle femme qui coiffe Triscia rend son absence très concrète. J’ai aussi aimé cette consigne de sa mère : lever le menton, mais pas trop. En quelques mots, on comprend toute la place qu’on lui accorde : être visible, sans devenir libre.
Le discours du père prend une autre force grâce à ce que Triscia aperçoit derrière les premiers rangs. Les charrettes sans attelage, les parents qui ne peuvent déjà plus atteindre le puits et la femme qui demande ce qu’il adviendra des gens absents des listes donnent un poids humain à la catastrophe annoncée. Le décalage entre « avancer ensemble » et l’ordre réel des départs rend la scène tendue, sans avoir besoin d’expliquer qui profite du système.
Un petit repère m’aurait aidé : les quatre-vingt-dix Cycles désignent d’abord le délai avant la dissolution de la Toile, puis un habitant parle de marcher quatre-vingt-dix Cycles. Est-ce aussi la durée estimée du trajet, ou sa manière d’exprimer sa peur ? Une précision légère permettrait de mieux mesurer le danger pour ceux qui partiront en dernier.
La fin garde bien le trouble autour de la fille aux cheveux clairs. Triscia n’est pas certaine de reconnaître celle du marché, tandis que son corps réagit avant elle. Cette hésitation donne envie de comprendre le lien entre elles. Et le fait que sa mère lui ordonne de se lever sans même la toucher prolonge très justement la dureté du début.
Merci pour cette suite. Ce retour porte sur ce passage en trois parties ; l’échange de lecture continue tranquillement.
Jimmy
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Jimmy Beck
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Vincent76
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