La mort imminente.

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La mort imminente.

Undress Électric

Il reste quatre-vingt-treize jours avant ma mort. Je ne sais pas exactement quand j'ai commencé à avoir peur. Peut-être lorsque j'ai découvert la lettre. Ou peut-être bien avant. Peut-être que certaines peurs naissent longtemps avant qu'on leur donne un nom. Ce soir-là, la pluie frappait les fenêtres de ma chambre avec une violence inhabituelle. La ville semblait noyée sous un rideau d'eau. Les lumières des immeubles voisins se reflétaient sur les vitres, déformées par les gouttes. J'étais assise sur mon lit, les jambes repliées contre ma poitrine, lorsque quelqu'un sonna à la porte. Une fois. Puis deux. Je n'attendais personne. Mes parents étaient sortis. Mes amis savaient que je ne recevrais personne à cette heure-là. La sonnette retentit une troisième fois. Je descendis finalement. Lorsque j'ouvris la porte, il n'y avait personne. Seulement un couloir vide. Et une enveloppe blanche posée sur le paillasson. Pas de nom. Pas d'adresse. Pas de timbre. Rien. Je la ramassai. Elle était étonnamment lourde pour une simple feuille de papier. Je remontai dans ma chambre et la déposai sur mon bureau. Pendant plusieurs secondes, je la regardai sans oser l'ouvrir. Puis je pris un couteau. La lame déchira délicatement le papier. À l'intérieur, il n'y avait qu'une seule feuille. Et seulement quelques mots. « Élena Morel. Tu mourras dans 93 jours. Ne cherche pas à empêcher ta mort. Tu l'as déjà choisie. » Je relus ces lignes. Une fois. Deux fois. Dix fois. Je souris nerveusement. Une blague. C'était forcément une blague. Quelqu'un voulait me faire peur. Je pris mon téléphone et photographiai la lettre. Puis je cherchai le numéro de téléphone de mes amis. Mon doigt s'arrêta au-dessus du premier contact. Je n'appelai personne. Parce qu'au fond de moi, une chose me dérangeait. La dernière phrase. Tu l'as déjà choisie. Je ne comprenais pas ce qu'elle signifiait. Je n'avais jamais voulu mourir. Je n'avais jamais tenté de me suicider. Je n'avais jamais parlé de mort à personne. Alors pourquoi quelqu'un écrirait-il une chose pareille ? Je froissai presque la feuille avant de me raviser. C'est à ce moment-là que mon téléphone vibra. Message inconnu. Je l'ouvris. Une seule phrase. « Ne regarde pas par la fenêtre. » Mon cœur s'arrêta presque. Je levai lentement les yeux. La fenêtre était juste devant moi. La pluie continuait de tomber. Je restai immobile. Puis une deuxième notification apparut. « Je t'avais prévenue. » Cette fois, je regardai. Je ne vis personne. Seulement la rue sombre. Les voitures arrêtées. Les lampadaires. La pluie. Et, de l'autre côté de la rue... un garçon. Il était debout sous un parapluie noir. Il ne bougeait pas. Il me regardait. Je ne savais pas qui il était. Mais lui semblait me connaître. Mon téléphone vibra une troisième fois. Je baissai les yeux. « Tu ne devrais pas encore l'avoir rencontré. » Je relevai brusquement la tête. Le garçon avait disparu. --- Trois mois plus tard, je comprendrais ce que cette lettre signifiait. Je comprendrais pourquoi quelqu'un avait écrit mon nom. Je comprendrais qui était le garçon au parapluie. Et surtout... je comprendrais pourquoi la personne qui avait annoncé ma mort connaissait chacun de mes derniers jours. Mais à ce moment-là, je ne savais rien. Je pensais encore que ma vie venait simplement de commencer. Je me trompais. Ma vie était déjà terminée. Et quelqu'un était venu me prévenir. Quatre-vingt-treize jours avant ma chute.

403e
dans le concours « Once upon a Fall »

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