Fyctia
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La malédiction d'Automne
Sora Ya
Prologue Je m’appelle Automne et, comme mon prénom le prétend, je suis née pendant la saison d’automne, avec un mois d’avance. Ma mère a failli mourir juste avant ma naissance. Elle a fait une pré-éclampsie, elle est arrivée aux urgences en catastrophe. J’aurais sûrement préféré y passer… Je suis née à minuit pile, un trente-et-un octobre, ce qui est déjà étrange en soi, mais le pire, c’est qu’au même moment, mon père est mort, renversé par un chauffard alors qu’il traversait la route pour être présent à ma naissance. Il est mort sur le coup. J’ai la même date de naissance que la mort de mon père, c’est dur de vivre avec ça, surtout quand ta mère te le répète encore et encore. Elle me déteste. Qu’est-ce que ça dit de moi ? Comment vivre avec ça ? Ma mère, en tout cas, n’a pas pu le supporter bien longtemps. J’ai eu une enfance des plus misérables. Chaque trente-et-un octobre, un autre drame survenait. Maman ne me supportait pas pour ça. Le pire, c’est que toutes les nuits, sans exception, je faisais des cauchemars avec des gens morts qui me révélaient des secrets, des flashs d’images que je ne comprenais pas. Automne 2000 J’ai dix ans, je suis une petite fille avec des yeux de saphir, une longue chevelure rousse, des taches de rousseur qui, physiquement, s’apparentent à celles d’un enfant ordinaire, mais je suis loin de l’être. Nous sommes en l’an 2000, beaucoup de personnes mettent de l’espoir dans cette année. Moi ? C’est loin d’être le cas. Ma mère m’agrippe par les cheveux et m’enferme dans la cave. Je n’ai pas de lumière, pas de couverture, pas de point d’eau. C’est quoi, mon crime ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Tous les ans, il se passe une catastrophe en cette nuit d’Halloween. Pour ma mère, j’en suis la cause. Elle ne supporte plus ça, alors elle a décidé de m’enfermer à la cave. — Maman, je t’en prie, ouvre-moi ! — C’est mieux comme ça, Automne. Je ne peux pas te voir. Je pleure toutes les larmes de mon corps. Ma mère a commencé à m’interdire d’aller à l’école et d’avoir des amis à mes six ans. Je n’ai pu qu’approuver : tous les ans, un nouveau drame survenait le jour de mon anniversaire, à minuit pile, à croire que, pour que je vive, quelqu’un doit mourir. Ai-je tort d’avoir l’impression d’être entre le monde de la vie et de la mort ? Automne 2006 J’ai seize ans, ma vie a suivi son cours, je n’ai pas mis le nez dehors depuis mes six ans. Je vis à travers les livres que ma mère me procure. Elle a eu pitié de moi, peut-être m’aime-t-elle à sa manière, je ne sais pas. Avec ses livres, je m’imagine être une adolescente ordinaire, avec des amis et une famille qui m’aime. La réalité est bien plus triste, je me sens seule, sans l’amour de personne. Autrefois, j’ai été heureuse quand j’allais à l’école. Mes souvenirs sont flous. Si j’en crois ma mère, je vais devoir vivre toute ma vie comme ça ! Mais un nouveau drame va changer tout ça. Sean, quant à lui, est le fils du shérif. Il a tout pour lui. Il est le capitaine de son équipe de hockey, il a un physique d’athlète, des cheveux qui partent en bataille, des yeux gris intenses. Toutes les filles tombent à ses pieds, il enchaîne les coups d’un soir. Pour lui, les filles, c’est juste de la distraction, jusqu’à elle. Automne, elle débarque chez lui comme un tsunami. Elle l’obsède, l’attire, mais surtout l’intrigue. Pourquoi a-t-elle l’air de porter le poids du monde ? Sean a aussi des aspirations et des rêves, loin de l’image du mauvais garçon qu’on lui donne. Il passe tout son temps libre à capturer des instants de la nature à travers son appareil photo. Il a lui aussi beaucoup souffert de la mort soudaine de son père. Il peine à s’en remettre et fait tout pour cacher sa souffrance derrière son assurance. Automne et Sean ont tous les deux souffert à leur manière. Vont-ils pouvoir trouver le bonheur ? Automne est-elle réellement maudite ? Ou se cache-t-il autre chose derrière tout ça !
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