C’est bien écrit, vivant, avec une vraie voix. Et en même temps, ça insiste un peu trop pour être drôle, un peu trop pour être incarné.
Le journal fonctionne bien au début : il y a une idée, une étrangeté. Mais très vite, tout est désamorcé par le ton. L’ironie explique tout, commente tout, protège tout. On ne doute jamais vraiment, on ne cherche pas — on consomme.
La narratrice est sympathique, mais déjà très consciente d’elle-même. Elle a toujours la bonne répartie, le bon recul, la bonne distance. Du coup, elle ne se perd jamais vraiment. Et c’est un problème : on ne la sent pas en danger, ni dépassée, juste légèrement agacée.
Les dialogues sont efficaces, parfois drôles, mais un peu trop “justes”. Chacun parle exactement comme il faut pour exister. Personne ne déborde.
Et puis il y a cette tendance à tout nommer : ce que ça veut dire, ce que ça implique, ce qu’elle ressent. Le texte accompagne en permanence, il ne lâche jamais le lecteur.
Le moment le plus intéressant, paradoxalement, c’est le bal à la fin. Là, quelque chose apparaît : un malaise, une intuition trouble. On sent enfin que ça pourrait déraper. Mais ça arrive tard.
En résumé :
c’est maîtrisé, agréable, efficace… mais un peu trop conscient de l’être.
Il faudrait laisser des zones moins contrôlées.
Moins de répartie, plus de vertige.
Parce que pour l’instant, même le mystère a l’air organisé.
1 commentaire
mikewouiche
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Il y a 8 jours