J'adore le ton et le comique de situation (qui reste dans la réalité des faits, mais c'est toujours drôle). Agricultrice en normandie, j'ai eu le droit à exactement cette situation un jour de pluie. FR3 qui arrive pour demander "et vous faites comment, du coup, avec la pluie ? — bah on met des bottes et on y va, comme tous les jours." Les mêmes qui reviennent un jour de canicule : "Et du coup, avec le soleil qui crame les prés, vous faites comment ? — Bah on se met à l'ombre tant qu'il fait chaud, puis on sort le soir. La canicule dure trois jours, par ici, l'herbe repoussera". Un petit tour dans le tracteur pour leur faire plaisir, une mise en scène devant les chevaux pour les clichés, le fameux "p'tète bin qu'oui, p'tète bin qu'non" du patois local qui s'échappe et qu'on doit ensuite répéter au micro... Puis toute la famille qui t'appelle pour te dire qu'ils t'ont vu au journal et qu'ils ont fait des captures d'écran.
mikewouiche
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Il y a un mois
Merci beaucoup pour ton retour, tu as tout compris et ton commentaire est à la fois très juste et délicieusement caustique. J’adore le ton et le comique de situation : on voit les journalistes débarquer en mode “découverte du monde réel”, te demander très sérieusement comment tu fais face à la pluie… puis à la canicule, alors que, évidemment, tu continues juste à travailler. Le tour en tracteur pour faire de belles images, la mise en scène devant les chevaux, le patois qu’on te fait répéter au micro et la famille qui fait des captures d’écran du JT, c’est exactement la petite mécanique médiatique que je voulais montrer, et tu l’as racontée avec un sens du ridicule absolument parfait.
Emmy Jolly
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Il y a un mois
Bravo pour ce chapitre qui m'a bien fait rire. On sent le sujet maîtrisé, tout pour faire de l'audience avec un vaste sujet banal et voilà tes journalistes prêts à marquer les esprits avec le cliché de base. Pauvre papy à béret!
mikewouiche
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Il y a un mois
Merci Emmy, ça me touche beaucoup. Le béret, c’est un peu notre dernier costume national : on le sort quand on n’a plus rien d’autre à dire mais qu’il faut quand même faire ressentir quelque chose. Le drame, c’est qu’entre deux clichés, il y a souvent des gens sincères… et parfois même heureux, ce qui complique considérablement la narration.
Mais rassure-toi : le papy à béret s’en remettra. Le cliché, lui, est immortel.
Miri H
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Il y a un mois
J’avoue, ce début est incroyable 😅 On est direct plongé dans un contraste hyper drôle entre les stats ultra graves sur les journalistes et cette équipe TF1 complètement en roue libre dans la neige. Gaëlle est insupportable mais hilarante, Brice est à deux doigts d’exploser, et l’interview du papi avec le béret… c’est du cinéma. Ça dénonce en même temps la télé de proximité, le sensationnel, tout en restant super rythmé. Juste parfois, ça part tellement dans tous les délires et références que ça peut perdre un peu le lecteur, mais franchement, c’est vif et accrocheur. 💞
mikewouiche
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Il y a un mois
Haha merci ! 😄 C’est vrai qu’ils sont intenables, cette bande — Gaëlle surtout, elle rendrait fou un moine tibétain… mais elle fait le show ! Et oui, entre le drame des chiffres et la neige qui fond sur le micro, on ne savait plus si on tournait un reportage ou une comédie absurde 😅 J’adore que tu aies capté ce mélange-là !
Madame S
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Il y a un mois
Ton texte est super efficace, surtout ce contraste grinçant entre le martyre des journalistes de guerre et le ridicule de Brice et Gaëlle qui s'écharpent pour un tas de neige. L'ironie est mordante et le personnage de Gaëlle est parfaitement détestable : son cynisme face à la gentillesse d'Albert montre bien l'envers du décor du "13 heures". C'est vif, on voit la scène comme si on y était.
Pour chipoter un peu, attention au décalage entre tes chiffres de 2014 et ta citation de 2020 ; ça peut créer un petit flou temporel. Aussi, l'usage des "LOL" et "PTDR" directement dans le récit est osé : ça appuie le côté satirique, mais attention à ce que ça ne sorte pas trop le lecteur de l'immersion. Enfin, la transition vers la partie 2 est un peu brutale ; on sent qu'on bascule dans l'intime, mais un petit lien visuel ou sensoriel aiderait à mieux suivre le narrateur. C'est du bon boulot, très rythmé !
mikewouiche
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Il y a un mois
Merci pour ton retour, vraiment.
Je suis assez adepte de la rupture dans les récits, surtout quand elle révèle ce genre de contrastes un peu obscènes entre le martyre des journalistes de guerre et des adultes fonctionnels qui se déchirent pour un tas de neige. Le réel a parfois un sens de l’humour douteux.
Bien vu pour le léger flou entre 2014 et 2020 : c’est le genre de détail qui fissure la crédibilité, je vais corriger.
Les « LOL » et « PTDR » sont un choix assumé — une pollution volontaire du récit — mais tu as raison, l’effet peut fatiguer s’il devient trop visible.
Quant à la transition vers la partie 2, elle est sèche, presque brutale ; un choix entièrement assumé.
Merci pour cette lecture précise.
Les autres chapitres arrivent.
9 commentaires
Agathe De pas
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Il y a un mois
mikewouiche
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Emmy Jolly
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Il y a un mois
mikewouiche
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Miri H
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mikewouiche
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Madame S
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mikewouiche
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Madame S
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